11 mars 2007

La Grèce du Nord et ses surprises.


Blog avec beaucoup de texte et peu de photos, mais c’est un peu indépendant de notre volonté.


La Gréce, il apparaît que nous allons la prendre cool. Dés le débarquement à Igoumenitsa, un port en super expansion (voir ci-après), la différence avec l’Italie est évidente (dans la conduite voiture, dans une nonchalance dans la rue, dans le monde au café) et ce rythme nous convient bien. Ainsi, voir le stress de la famille pendant que je suis au Cybercafé

Donc, Igoumenitsa devient un énorme port de ferry, mais très majoritairement pour transporter des énormes camions, car la Grèce et la CEE (pour l’apport financier, il y a des affiches partout) ont décidé de construire ( il y a déjà des tronçons d’opérationnels), un grand autoroute traversant quasi horizontalement la Grèce d’Igoumenitsa à Istanbul.
Si on regarde une carte d’Europe, avec en tête l’insécurité des derniers années dans les Balkans, cet axe (Italie-Grèce) apparaît évident pour tout transport vers le moyen orient.
Pour les touristes qui comme nous prenons cette route qui est de la taille d’une petite route nationale française (on longera sans arrêt le méga chantier de l’autoroute) pour aller aux Métèores, il n’y a quasiment que des camions dans les 2 sens et qui vont à une allure folle.
En plus, et on ne sait pas encore si cela est vrai pour toutes les routes grecques, les bas-cotés de la route sont un dépotoir continuel (ordures, canettes, bouteilles et sans arrêt du plastique accroché aux arbustes).

Le mardi midi, nous déjeunâmes donc au bord de la mer toujours à Igoumenitsa dans un petit resto où nous allâmes choisir les poissons à cuire dans la cuisine (rougets pour Luc, sarres pour Claude, crevettes pour Jeanne et….spaghettis pour Blaise), ceci avec une salade grecque et un petit blanc bien frais). Ce fut très bien, et nous mit donc dans cet esprit très cool.
L’après-midi, nous faisons une petite centaines de km pour rejoindre Ionnina (ville turque jusqu’en 1913, il y a donc des minarets) sur le lac Pamvotis. Nous trouvons un super emplacement le long de ce lac et la journée se passe comme cela (vélos pour les enfants, puis devoirs, préparation du repas, ...).



Apres le repas, séance cinéma avec Harry Potter 2 (la chambres des secrets) pendant 1H30 (car les batteries de l’ordi ne tiennent pas plus longtemps)
NB : un peu de nouvelles de la Pottermania. Blaise a fini le tome 6 et, de dépit, il a ré-attaqué le tome 1 (on lui impose de lire un autre livre entre chaque tome), Luc est dans le Tome 4 car, en tapant sur Jeanne il a pu savoir où était le tome 3 et donc Jeanne, après Luc, peut maintenant lire le tome 3 et Claude a fini le tome 2 et ronge son frein en attendant le tome 3. Comme nous ne regardons les DVD que quand tout le monde a lu le tome correspondant, si vous avez bien suivi, vous comprenez que nous ne regarderons le DVD 3 que dans une semaine au mieux (ce qui est très très dur pour Luc et Blaise).







Le mercredi matin, nous allons visiter les grottes de Perama considérées comme les plus belles de Grèce (entrée de la grotte à 400m de notre emplacement camping-car (en plus, on pense). Elles sont en effet assez belles, mais, pour nous, c’est surtout le coté artisanal de son parcours (45 mn et 542 marches) qui nous plait car le chemin (ou les escaliers) est très étroit et souvent très bas de plafond (donc, on est très proche des draperies et on tourne juste autour des stalagmites).
Apres cet exploit, nous allâmes donc nous restaurer dans un bistro au bord du lac et, de nouveau le patron nous amena aussitôt dans les cuisines où nous choisîmes nos plats au fur et à mesure que les couvercles des marmites se soulevaient. Nous mangeâmes super bien sous l’œil bienveillant de 5 grecs qui buvaient ouzo sur ouzo.(Nb : j’avais amené l’ordinateur et celui-ci s’est donc chargé pendant que nous mangions, ce qui nous a permis le soir dans notre halte montagnarde de finir le DVD de HP N°2).

Autour de Ionnina, on voyait des montagnes enneigés et notre route vers les météores passait par Metsovo (une station de sports d’hiver) ainsi que par le col de Katara (le plus haut col routier de Grèce : 1 690 m), et donc nous décidâmes, sous la pression des enfants, d’aller voir, par la haut, s’il ne serait pas possible d’aller jouer dans la neige.
Le plan fut une parfaite réussite. Le col n’était plus enneigé, mais il restait encore de grandes plaques de neige où les enfants jouèrent un certain temps parfois en plein soleil parfois en plein nuage (à la fin de la récré, il fallut évidement les changer de la tête aux pieds).
La vue était fort belle du col, mais il n’y avait aucune zone de stationnement correct pour le Manouche et surtout l’endroit est fort bruyant car tous les camions changent évidemment de vitesse à cet endroit. Aussi, nous décidâmes de descendre un peu et de trouver un endroit calme avec une vue balcon sur les montagnes enneigées.
Assez facilement, quelques km plus loin, nous trouvâmes une plate-forme donnant sur des pelouses alpines couvertes de crocus jaunes et mauves.
Nous ne répartîmes de cet endroit que le lendemain après-midi pour descendre jusqu’à Kalambaka et le site des Météores.

Nous posâmes le Manouche au camping Vrachos à Kastraki (un petit village après Kalambaka qui est le point d’entrée des météores) avec un café internet et une excellente taverne juste à coté.

Le samedi fut sans contestation possible une très mauvaise journée. Sur le plan de la météo, la journée s’annonçait superbe Malheureusement, Claude et Luc avaient recommencé à tousser comme des malheureux toute la nuit (Pour Luc, c’était normal car, pour lui, nous avions une forte sinusite et les italiens avaient soigné non pas la cause, mais des effets : bronchite pour Luc et trachéite pour Claude). D’un commun accord, nous pensâmes donc qu’après avoir visité les Météores, il serait bien de retourner voir un docteur et lui demander de forts antibiotiques spécifiques aux sinusites.
Claude va se renseigner auprès de la patronne du camping qui lui dit que nous avons intérêt à aller dés ce matin au dispensaire de Kalambaka car il n’est pas sûr qu’il y aura des médecins l’après-midi.
Donc, au lieu de faire 4 km vers le nord et les Météores, nous faisons 2 km vers le sud et le dispensaire, et merveilles, nous sommes reçus dans les 5 mn par un toubib qui nous auscultent, ne dit pas un mot et nous prescrit….des radios des sinus et des poumons.
A l’accueil du dispensaire, on nous apprend que les appareils de radio sont en panne et que nous devons aller à l’hôpital de la ville voisine (Trilaka à 20km). Comme on indique que l’on peut attendre le lendemain que les appareils soient réparés, les infirmières nous disent que le docteur veut que les radios soient faites au plus vite.
Un peu énervé, on fait donc les 20km pour rejoindre Trikala. C’est une ville de 50 000H et on tourne pas mal pour trouver l’hôpital. Enfin, on y est, mais il y a des voitures partout et il est difficile de garer le Manouche. Ah si là, il y a de la place et Luc, dont l’humeur s’assombrissait à vue d’œil, ne voit pas qu’un des arbres le long du trottoir était penché. Ce coup-ci, il n’y a pas eu de miracle : une branche touche le haut du camping-car et se bloque dans le boîtier de l’auvent qui casse en faisant un bruit épouvantable.

En laissant les enfants dans le Manouche, Claude et Luc (de très sombre humeur) entre donc dans l’hôpital. Nous mettons ¼ d’heure pour trouver la zone des radios (tout est écrit en grec et en alphabet grec), nous attendons notre tour et on nous fait nos radios (salle des radios un peu folklo et très vétuste, mais gens toujours charmants). Maintenant, il faut aller voir le docteur qui décrypte les clichés (heureusement, le jeune homme qui avait pris les radios nous emmène devant sa porte). Encore un peu d’attente et on entre, on lui tend nos clichés. Assez curieusement, il regarde beaucoup la radio des poumons de Luc et peu celles de ses sinus, et c’est l’inverse pour Claude. Il griffonne 2 bouts de papier et nous les tend sans un mot.
Une fois là, on se demande avec Claude ce qu’il faut faire : retourner au dispensaire de Kalambaka ou voir ici un docteur qui enfin va nous faire la prescription des antibiotiques antisinusite. Nous décidons de battre le fer pendant qu’il est chaud , et donc de demander à voir un docteur. On tend nos papiers et nos radios à quelqu’un qui passe dans le couloir en blouse blanche. Il comprend et nous fait monter 2 étages et nous ouvre une porte où derrière il y 2 ou 3 médecins et 2 ou 3 infirmières.
Alors, cela devient un peu surréaliste. Un jeune docteur regarde intensément les radios des poumons de Luc, il appelle au téléphone le docteur qui avait analysé les radios, celui-ci arrive dans la salle, et discutent entre eux en regardant toujours ces fameuses radios. (NB : pour Claude, nous avions raison, c’est bien une sinusite, elle a droit à une prise de sans et une ordonnance de médicament)
Enfin, le jeune docteur s’approche de Luc et, oh merveille, celui-ci parle l’anglais (je parle du jeune docteur et non de Luc qui, comme chacun sait, est quasi bilingue avec l’anglais). Luc explique donc au jeune docteur que « les italiens ont soigné sa bronchite, mais qu’il faut en fait soigner sa sinusite et que c’est toujours comme ça, parce que Luc, en tant qu’ancien moniteur de plongée a toujours des sinusites chroniques, … », Le jeune docteur l’interrompt et lui dit «ce n’est pas cela du tout, vos poumons présentent 2 points de pneumonie, vous semblez plus en forme que ce que montre vos radios, mais il est de ma responsabilité de vous hospitaliser ». Luc n’en croit pas ses oreilles, ou plutôt espère que sa traduction en français de ce dialogue est fausse, appelle Claude pour une bonne traduction, mais c’est le même message « nous ne pouvons pas laisser repartir de l’hôpital quelqu’un avec une pneumonie et qui a besoin de recevoir des antibiotiques à haute dose par perfusion ».
Il apparaît donc que nous n’avons pas le choix, Luc accepte donc d’être hospitalisé en demandant que cela soit le plus court possible (mais les médecins refusent de donner une durée).Claude va chercher les enfants (cela faisait presque 2 heures que nous les avions laissé seuls dans le Manouche). Pendant ce temps, Luc a droit a une série de test (électrocardiogramme, …), et quand les enfants arrivent, il a reçu 3 piqûres, est dans un fauteuil roulant, une sonde dans le bras avec son bocal de perfusion au dessus de la tête.
Donc, ce jour là, nous ne visitâmes pas les monastères des Météores, et le pire était que nous n’avions plus aucune idée du jour futur où nous pourrions les visiter. Nous étions vendredi après-midi et, avec le week-end à venir, nous voyions mal une sortie avant lundi.
Il fallait s’organiser : Apres m’avoir accompagné avec les enfants jusqu'à ma chambre, Claude est allé me chercher des vêtements et des livres (HP Tomes 4 et 5 et deux Delerm) et devait forcement repartir au camping Vrachos à Kastraki puisque nous en étions parti le matin en y laissant plein de choses. Il fallait régler le problème du stationnement du Manouche pour le week-end et « par chance », du balcon de la chambre de l’hôpital, on voyait une zone « terrain vague » où de vieux camions étaient garés. Décision fut prise qu’il fallait mieux que la famille passe la nuit au camping, mette le Manouche au mieux de ses capacités d’autonomie (réservoir d’eau propre rempli, cassette WC vidée, …) et viennent tranquillement samedi midi se poser sur le terrain vague pour une durée indéterminée. Ainsi fut fait.


Le lit de Luc avec la bible au mur


Ci-après la perception de Luc sur les hôpitaux grecs. D’abord, strictement rien à dire sur le plan médical : toutes les 4 heures, on lui injectait 2 ou 3 flacons de « produits » soit directement soit par la perfusion, le soir, on lui a demandé de déposer ses glaires dans un bocal et il savait qu’on lui demanderait la même chose le lendemain matin. Ensuite, on retrouve l’esprit des hôpitaux français d’il y a 40 ans : on soigne la maladie, mais on ne prend pas bien soin du malade et encore moins de la famille. Ah, le plaisir d’être réveillé à minuit, puis 4h du matin par une infirmière qui allume abruptement les néons, vous secoue pour que vous preniez votre température et sans ménagement vous injecte un ou 2 produits. Les familles visiteuses sont totalement ignorées (pas de chaises ou de banc dans les couloirs), mais elles sont libres de faire ce qu’elles veulent (c’est à dire, par exemple, dormir par terre prés du malade). Enfin, il n’y a pas de télévision dans les chambres, mais toujours la Bible et une icône. Par ailleurs, la nourriture est « pas terrible du tout» et arrive totalement froide.
Sur le plan médical, les résultats du traitement de choc sur Luc furent extraordinaires : plus aucune toux dans la nuit, et le matin, il eut un mal de chien à pouvoir extraire un ou deux glaviots de ses poumons régénérés. A 11H30, visite du docteur : il regarde le dossier, m’ausculte, me prend la tension, reregarde le dossier et me dit en anglais « vous sortez aujourd’hui , dans une heure, vous aurez une ordonnance pour le traitement à suivre ».
Claude et les enfants arrivent juste à ce moment et c’est donc la joie. Bon, nous n’avons eu l’ordonnance que 2 bonnes heures après et nous n’avons mis qu’une heure pour trouver la pharmacie de garde à Trikala.
Nous revenons au camping Vrachos à Kastraki et allons fêter la « libération » de Luc au restaurant. Nous tentons une soirée DVD (le best-off de Coluche), mais comme il pleut, nous n’entendons rien et donc allons nous coucher (ce qui ne déplait pas à Claude et Luc qui, avec leur remède de cheval, sont un peu « sonnés »).



Dimanche, réveil assez tardif (entre 9H pour Luc et 10H pour les enfants) et le programme est, bien qu’il fasse gris, le programme du vendredi, c’est à dire visiter les Météores en entrant dans les deux plus importants monastères (ceux du Grand Météore et de Varlaam) et voir le site des autres (Roussanou, Ste Trinité, St Joseph, …).










Le tout est vraiment superbe, et même les enfants sont impressionnés par ces constructions acrobatiques. Luc revoit « on a volé la cuisse de Jupiter », chef d’œuvre cinématographique impérissable avec Annie Girardot et Philippe Noiret et le tome 2 du Décalogue (BD de Giroux).
Apres ce ¼ d’heure culturel, nous vous souhaitons une bonne semaine et, si St Poumon le veut bien, demain, nous descendons plein sud sur Delphes, puis Athènes.

8 commentaires:

Sandra de Rouen a dit…

Et dire que je pensais qu'avec la Grèce, vous trouveriez un peu de chaleur et de ciel bleu et des ruines... Que nenni ! neige, grisaille et hopitaux ... que de péripéties !
Bon rétablissement aux "vieux" de la troupe ...
bises

françois de blr a dit…

Salut les cracheurs,
Mieux que Harry Potter, ce r&cit de voyage. C'est "Urgences" en vrai. Un thriller palpitant.
A moins tout simplement, c'est que Luc rêvait d'un vrai lit sous un vrai toit ! Heureuqement que les a-côtés n'étaient pas btrillants, sinon il y serait zncore !
Vivement la suite de ces aventures passionantes.
Bises (de loin) quand même.
François de BlR

françoise a dit…

en tant que grande soeur,responsable de son petit frère et apres un coup de fil à sa meilleure copine médecin, je dirais qu'il faut impérativement que le manouche se pose dans un bel endroit ensoleillé et repos absolu des malades pendant une semaine! Delphes doit etre parfait comme endroit de cure de repos.bravo pour le récit!

Anonyme a dit…

Mardi matin. Aucune toux nocturne de la part de Luc ou Claude. Le soleil de Delphes (il doit faire 25) cajolent nos poumons. Luc

Le gang d'Avignon a dit…

je cite : "Nous mettons ¼ d’heure pour trouver la zone des radios (tout est écrit en grec et en alphabet grec)"

c'est le problème avec l'étranger : ils parlent tous en étranger là-bas !

et c'est pour cette raison que nous, on prend nos vacances dans les CEVENNES ! (région où le climat est sain, chaud et humide juste ce qu'il faut)

bon.... on espère que le blog de la semaine prochaine sera SANS photo d'hôpital, et avec plein de photos de plages, de vielles pierres et de soleil !

bises à vous quatre

Phil
Bédi
et
Louis

Yves a dit…

Eh bien mes pauvres amis!! Quelle histoire! Vous comprendrez désormais le sens de l'expression "Allez vous faire voir chez les grecs"!!... Vous avez du quand même vous faire du souci, il y a de quoi! On souhaite un trèèèèèès bon rétablissement à tout le monde, mais particulièrement au chef, et bon courage à Claude et aux enfants...vous pourrez terminer votre voyage en disant "Tout meurtris mais vainqueurs!!" :o) Courage! Maud Fontenoy après 151 jours de traversée en solitaire à contre courant est bien arrivée à la réunion,vous avez donc toutes les bonnes raisons d'espérer!!
On vous embrasse et on vous encourage! Ca va passer! Bizatous!

Yves a dit…

Eh bien mes pauvres amis!! Quelle histoire! Vous comprendrez désormais le sens de l'expression "Allez vous faire voir chez les grecs"!!... Vous avez du quand même vous faire du souci, il y a de quoi! On souhaite un trèèèèèès bon rétablissement à tout le monde, mais particulièrement au chef, et bon courage à Claude et aux enfants...vous pourrez terminer votre voyage en disant "Tout meurtris mais vainqueurs!!" :o) Courage! Maud Fontenoy après 151 jours de traversée en solitaire à contre courant est bien arrivée à la réunion,vous avez donc toutes les bonnes raisons d'espérer!!
On vous embrasse et on vous encourage! Ca va passer! Bizatous!

Michel. a dit…

Bravo le gang du Canton pour les superbes photos et la relation de voyage. Si j'interprète bien, aujourd'hui 6 avril,vous devez êtreà Venise. Là encore que de souvenirs, pour, nous plus récents que ceux de Grèce. Je suis passé voir Lucienne au Mas Canton pour jeter un oeil sur le CESI. Il fonctionne correctement. Vous m'avez vraiment donné envie de repartir en voyage. A bientôt. Michel.